Manifeste

J'ai commencé l'internat d'anesthésie-réanimation au CHU de Bordeaux en 2018. Six ans entre le bloc opératoire, la réa, les consultations pré-anesthésiques. Mon métier, c'est de m'assurer que tout se passe bien entre le moment où quelqu'un s'endort sur une table d'opération et celui où il ouvre les yeux en salle de réveil. Six ans, ça suffit pour voir de près comment fonctionne un service hospitalier, un bloc, une équipe, un cabinet. Ce qui marche, et surtout ce qui coince.

Ce qui coince, c'est rarement la médecine elle-même. C'est tout l'administratif qui l'entoure.

Le téléphone sonne quinze fois par heure. La secrétaire jongle entre l'accueil physique, les appels, les relances de labo, les demandes d'ordonnances. Le patient raccroche après quatre minutes d'attente, rappelle le lendemain, tombe encore sur la messagerie, finit par se déplacer aux urgences pour un renouvellement d'ordonnance. Le médecin, lui, découvre le problème après coup, entre deux consultations, quand il est déjà trop tard pour rappeler.

Ce dysfonctionnement-là, je l'ai vécu au quotidien. Pas en le lisant dans un rapport. En le subissant.


En parallèle de l'hôpital, j'ai suivi un diplôme universitaire spécialisé en intelligence artificielle. C'est là que j'ai mesuré à quel point les avancées récentes en IA conversationnelle changeaient la donne : des modèles capables de comprendre un patient qui hésite, qui a un accent, qui cherche ses mots. De répondre de façon cohérente, dans le bon registre, avec les bonnes informations. J'ai vu la fenêtre s'ouvrir et j'ai décidé de sauter.

Mais l'IA seule ne suffit pas. Un cabinet libéral, ce n'est pas un seul problème, c'est un empilement : un agenda, un téléphone, des SMS, des e-mails, parfois une visio, des comptes rendus, des relances, des confirmations. Aujourd'hui, pour faire tourner tout ça, un médecin doit cumuler trois ou quatre logiciels qui ne se parlent pas, payer cher pour des outils dont il n'utilise que 20 %, ou se débrouiller avec rien.

Caresquad, c'est l'inverse : une boîte à outils qui fait tourner le cabinet de bout en bout. On part du principe que les briques de base, l'agenda en ligne et la prise de rendez-vous publique, doivent être gratuites. C'est l'infrastructure minimale d'un cabinet en 2026, ça ne devrait pas être un produit qu'on facture. Au-delà, chaque praticien active ce qui lui fait gagner du temps : SMS de rappel et de confirmation, e-mails de consignes pré-opératoires, téléconsultation avec compte rendu généré, standard téléphonique intelligent qui répond quand la secrétaire ne peut pas, relances automatiques pour les patients perdus de vue, suivi post-opératoire. On n'active et on ne paie que ce qu'on utilise.

On ne remplace personne. La secrétaire reste. Le médecin reste. Le patient continue de parler à un humain quand c'est nécessaire. Caresquad gère le reste : la prise de RDV qui pouvait attendre, le rappel de la veille, la confirmation par SMS, le compte rendu de téléconsultation, le suivi post-op. Tout ce qui ne demande ni jugement clinique, ni connaissance fine du dossier.


Quelques convictions qui guident nos choix

Les briques de base sont gratuites. Un agenda en ligne, une page publique pour prendre rendez-vous : en 2026, tout cabinet doit pouvoir avoir ça sans sortir le chéquier. On offre le socle. On se rémunère sur ce qui crée de la valeur réelle : les automatisations qui libèrent du temps au quotidien.

Les données de santé restent en France. Hébergement HDS, chiffrement, zéro transfert hors UE. On ne transige pas là-dessus, et on n'en fait pas un argument marketing. C'est un prérequis.

Le patient sait quand il parle à un assistant. On ne joue pas à faire croire qu'il y a un humain au bout du fil. L'agent se présente pour ce qu'il est. Les gens s'en fichent tant qu'on les aide vite et bien.

Un praticien seul doit pouvoir s'installer en cinq minutes. Pas de matériel, pas de formation, pas d'engagement, pas de licence forfaitaire pour des features dormantes. On crée un compte, on importe son agenda, on choisit les briques utiles, c'est parti.

L'outil ne prend aucune décision médicale. Il suit les consignes du praticien, point. Si une demande sort du cadre, il transfère à un humain. Il n'interprète pas les symptômes, il ne trie pas les urgences, il ne prescrit rien.


Je suis anesthésiste-réanimateur, pas ingénieur. Mais je savais que le problème était réel et que la solution était à portée. Je me suis associé avec des profils qui partagent la même conviction, et on construit Caresquad ensemble. La médecine libérale française mérite mieux qu'un empilement de logiciels chers et fermés. Elle mérite des briques honnêtes, modulables, qu'on peut adopter une par une, qui se parlent entre elles, et dont la base reste accessible à tout le monde.

Derrière chaque appel manqué, chaque message sans réponse, chaque rendez-vous pris trois semaines trop tard, il y a quelqu'un qui avait besoin qu'on soit là.

Signature de Romain Gattegno

Dr Romain Gattegno

Anesthésiste-réanimateur & Fondateur de Caresquad

RPPS 810101646643

Bordeaux, 2025